Qu'est-ce qu'un jeu IA ?
L'expression « jeu IA » désigne deux choses assez différentes, et les mélanger fait vite perdre le fil. Tantôt l'intelligence artificielle fait partie du jeu et réagit à ce que vous faites. Tantôt elle a servi à fabriquer le jeu, qui se joue ensuite comme un autre. Ce guide sépare les deux sens, explique ce que l'IA change pour le joueur et montre comment repérer, sur une fiche, de quel cas il s'agit.
L'IA dans le jeu
Premier sens : un modèle de langage ou un réseau de neurones intervient pendant la partie et réagit à ce que fait le joueur. L'annuaire en compte cinq. Dans AI Dungeon, de Latitude, l'histoire d'une aventure textuelle reste ouverte et suit vos choix. Dans Infinite Craft, de Neal Agarwal, un modèle de langage décide de ce que donne la combinaison de deux éléments, d'où des résultats pratiquement illimités.
Gandalf, de Lakera, vous demande de faire avouer un mot de passe à un chatbot chargé de le protéger, ce qui revient à s'exercer à l'injection de prompt. AI Roguelite est un RPG textuel sur Steam dont la fiche dit que l'IA génère tout, des ennemis aux illustrations. Quick, Draw!, de Google, inverse la situation : un réseau de neurones essaie de deviner ce que vous dessinez en un temps limité, et en jouant vous l'aidez à apprendre.
L'IA derrière le jeu
Second sens : l'IA a servi à fabriquer le jeu. Le code, les images ou les sons ont été écrits ou générés avec des outils d'IA, mais une fois en ligne, le gameplay peut être classique : on grimpe, on conduit, on devine des mots. C'est le cas de la plupart des vingt-cinq autres jeux de la liste, tirés du répertoire public AI Built Games.
L'annuaire reprend ce que dit l'auteur : « présenté comme construit avec l'IA ». Il ne cite l'outil que lorsque l'auteur le précise lui-même, comme WordTwiq (GPT 6 Astra dans Codex) ou MANY ROADS (Claude Code, en 10 jours). Pour les autres, personne n'est en mesure d'affirmer ce que l'IA a fait exactement, ni dans quelle proportion.
Ce que l'IA change pour le joueur
Quand l'IA est dans le gameplay, le contenu ne se répète pas forcément d'une partie à l'autre : une même action peut avoir des suites différentes. C'est l'intérêt, mais c'est aussi la limite. Les réponses sont imprévisibles, parfois incohérentes, et un modèle peut perdre le fil d'une histoire ou répondre à côté. S'ajoute la latence : attendre la réponse d'un modèle prend plus de temps qu'un calcul local.
Quand l'IA a seulement servi à fabriquer le jeu, le joueur ne perçoit pas directement ces effets. Il perçoit autre chose, souvent une qualité inégale d'un jeu à l'autre, que le guide sur le vibe coding détaille.
Comment lire une fiche
Chaque fiche comporte une rubrique « rôle de l'IA ». Elle répond à une seule question : où est l'IA ? Pour un jeu de la première famille, elle décrit ce que le modèle fait pendant la partie, d'après la page officielle. Pour un jeu de la seconde, elle rappelle que l'auteur le présente comme construit avec l'IA, et elle ne nomme l'outil que si la page du jeu le fait.
Un conseil : lisez cette rubrique avant la description, puis suivez le lien vers la page du jeu pour vérifier les conditions, notamment le prix.
Quand « IA » est un argument de vente
Le terme sert aussi à vendre. Un jeu présenté comme « IA » peut n'avoir que des ennemis scriptés, c'est-à-dire des comportements écrits à l'avance sans modèle derrière. Dans le jeu vidéo, on parle d'« IA » depuis longtemps pour de simples règles de comportement.
AI Wars en donne un bon rappel : son thème est l'industrie de l'intelligence artificielle, ce qui ne dit rien du rôle de l'IA dans sa fabrication. Dans le doute, l'annuaire s'en tient à ce qu'annoncent les pages et les répertoires publics, sans aller plus loin, et sans avoir joué à chaque jeu.